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Franc-Maçonnerie et subversion

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Modifié : 20/09/2011 à 21h18


Dès la fin du ministère du cardinal de Fleury, les sociétés des Francs-Maçons avaient pris naissance, et, sous les apparences de la fraternité et de l'égalité, puisque tous ceux qui se faisaient initier à ces mystères emblématiques se regardaient entre eux comme égaux, abstraction faite totalement des titres, des rangs et des richesses qui pouvaient, hors de la loge, mettre des distinctions entre les frères, ces associations avaient des lois, des règles, des connaissances annoncées comme sublimes, mais si énigmatiques qu'elles pouvaient prêter à toutes les interprétations. Les femmes en étaient exclues, dans le principe, et n'y furent admises, dans la suite, que par la crainte qu'elles n'entreprissent la destruction de ces sociétés, à cause de leur exclusion. Mais en les admettant aux fêtes et banquets dont elles devaient faire l'agrément, on eut soin de leur cacher les connaissances sublimes qui, selon les adeptes, formaient la base et le caractère distinctif de l'ordre.
Les Français, toujours imitateurs et toujours extrêmes dans leur imitation, accueillirent ces rêveries avec enthousiasme, s'y firent initier, et, malgré la guerre de 1741 qui occupait essentiellement la nation, chacun s'empressa, dans tous les états, dans tous les rangs, de s'enrôler sous les drapeaux de la franc-maçonnerie.
A l'exemple et à l'imitation de cette association, il s'en forma d'autres sous des noms plus simples, qui, n'affichant rien d'aussi mystérieux, n'eurent que la vogue du moment, et s'éteignirent insensiblement comme elles s'étaient formées. Peut-être la police de Paris, dont avec raison les nations étrangères ont admiré et imité l'exactitude et les ressorts secrets, ne fit-elle pas, dans le temps, une attention assez sérieuse aux inconvénients qui pouvaient résulter, pour le gouvernement, de l'existence de ces associations clandestines ; peut-être aussi le gouvernement lui-même, trop présomptueux et comptant trop sur ses forces, méprisa-t-il ces conciliabules, et arrêta-t-il les démarches et les perquisitions des magistrats chargés de la police. De quelque côté qu'ait été la faute, elle n'en fut pas moins commise ; et quoique, passé les premiers moments, la légèreté française n'ait pas continué à se précipiter avec la même ferveur vers la franc-maçonnerie, ces associations et ces conciliabules secrets n'en subsistèrent pas moins, et prêtèrent leur ombre à ceux qui, sourdement, tramaient la destruction éventuelle de l'empire. Ils furent des prétextes de rassemblement et des occasions de propager les principes destructeurs de toute autorité.

Montbarey (Prince de), Mémoires autographes..., 1826.



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