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La secte des Vaudois

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Modifié : 10/03/2012 à 13h44


La secte ou hérésie des Vaudois ou Pauvres de Lyon prit naissance vers l'an du Seigneur 1170. Elle eut pour auteur responsable un habitant de Lyon, Valdès ou Valdo : d'où le nom de ses sectateurs. Il était riche ; mais, après avoir abandonné tous ses biens, il se proposa d'observer la pauvreté et la perfection évangélique, à l'imitation des apôtres. Il avait fait traduire pour son usage en langue vulgaire les Évangiles et quelques autres livres de la Bible et aussi quelques maximes des saints Augustin, Jérôme, Ambroise et Grégoire, distribués sous des titres, que lui et ses partisans appelèrent sentences. Ils les lisaient très souvent, mais n'en avaient guère l'intelligence ; pourtant, infatués d'eux-mêmes, bien qu'ils fussent peu lettrés, ils usurpèrent la fonction des apôtres et osèrent prêcher l'évangile dans les rues ou sur les places publiques. Ledit Valdès ou Valdo entraîna dans cette présomption de nombreux complices des deux sexes qu'il envoyait prêcher en qualité de disciples.
Ces gens, bien qu'ignorants et illettrés, parcoururent les villages, les hommes comme les femmes, et, pénétrant dans les maisons, prêchant sur les places et dans les églises même, les hommes en particulier, répandirent autour d'eux une foule d'erreurs.
Mandés par l'archevêque de Lyon, le seigneur Jean aux Belles-Mains, qui leur interdit une telle présomption, ils refusèrent l'obéissance, soutenant pour pallier leur folie qu'il fallait obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes. Dieu ordonna aux apôtres de prêcher l'évangile à toute créature, répétaient-ils, en s'appliquant à eux-mêmes ce qui avait été dit des apôtres, dont ils se déclaraient d'ailleurs avec témérité les imitateurs et successeurs, par une fausse profession de pauvreté et sous l'image déguisée de la sainteté. Ils méprisaient, en effet, les prélats et les clercs, parce que ceux-ci, disaient-ils, possédaient d'abondantes richesses et vivaient dans les délices.
Grâce à cette arrogante usurpation de l'office de la prédication, ils devinrent des maîtres d'erreur. Sommés de renoncer à la parole, ils désobéirent et furent déclarés contumaces et, par suite, excommuniés et chassés de leur ville et de leur patrie. Finalement, comme ils s'obstinaient, un concile célébré à Rome avant le concile de Latran [Latran IV en 1215] les déclara schismatiques et les condamna comme hérétiques. Ainsi multipliés sur la terre, ils se dispersèrent à travers la province, dans les régions voisines et jusqu'aux confins de la Lombardie. Séparés et retranchés de l'Église, s'associant, en revanche, aux autres hérétiques et buvant leurs erreurs, ils mêlèrent à leurs élucubrations les erreurs et les hérésies des hérétiques antérieurs.

Bernard Gui, Manuel de l'Inquisiteur (fin XIIIe ou début XIVe), édité et traduit par G. Mollat, t.1, Paris, Les Belles Lettres, 1964, pp. 35-37.



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