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La doctrine pangermaniste (1905)

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Modifié : 16/02/2012 à 21h27


La façon dont l'Allemagne réalisera son agrandissement de territoire est une question difficile à résoudre, parce qu'elle est d'ordre pratique. Celle-ci est étroitement liée aux nécessités imposées par les caractères spécifiques de la race germanique. Nous avons déjà dit, à propos de l'Empire romain, comment il fallait éviter de fonder un empire. Ne perdons pas cette idée de vue, d'autant plus qu'il nous faut tendre à donner à la race germanique septentrionale un gouvernement plus conforme à son caractère, à sa nature, à ses aspirations. La scission de la race germanique en peuples et en États différents peut constituer un obstacle à l'idée d'unité de la race. Lors de la fondation de l'Empire, les petits États avec leurs dialectes différents, rendirent l'entente plus difficile. Ces obstacles extérieurs prennent plus d'importance chez les Germains parce qu'ils inclinent au particularisme. Cependant ces difficultés sont plus faciles à surmonter qu'on ne le croirait au premier abord, car dès l'instant où, dans les États germaniques prépondérants, apparaît la conviction qu'une union politique plus profonde de certains éléments germaniques européens est possible et nécessaire, la situation politique pour les Germains se révèle identique à celle des Allemands au moment de la fondation de l'empire. Il faut que l'État le plus puissant de l'Allemagne s'empare de l'hégémonie, et que les petits États sacrifient de leur autonomie la part nécessaire à assurer l'unité durable d'un nouvel empire.
Que la force armée soit nécessaire ou non, la question est sans importance ; ce qui est essentiel, c'est que l'État qui aspire à l'hégémonie dispose d'une puissance morale, économique et militaire suffisante pour atteindre ce but et ne plus le perdre de vue. Quel pourrait être cet État sinon l'empire allemand qui est en quête de territoires nouveaux ? Nul ne peut en douter, après ce que nous avons dit des autres grandes puissances. La situation morale des petits États restera favorable tant qu'une intervention militaire fratricide de l'Allemagne ne sera pas nécessaire. Tout dépendra de la soumission de la France. Il faut que l'Allemagne acquière l'hégémonie absolue dans l'Europe centrale et occidentale et qu'elle annexe simultanément, ou peu de temps après, les provinces allemandes autrichiennes, d'une manière conforme aux desseins de notre race germanique. La pression exercée par le nouvel empire sera si grande que, bon gré, mal gré, les petits États germaniques disséminés seront contraints de s'adjoindre à nous, suivant des conditions que nous déterminerons.

Joseph-Ludwig Reimer, Ein pangermanisches Deutschland, Berlin, 1905. Cité par Charles Andler, Le Pangermanisme philosophique, Paris, Louis Conard, 1917, pp. 362-364.



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