La Dťclaration de 1682, un manifeste gallican


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Modifié : 27/11/2011 à 21h56


Plusieurs s'efforcent de renverser les d√©crets de l'√Čglise gallicane, ses libert√©s qu'ont soutenues avec tant de z√®le nos anc√™tres, et leurs fondements appuy√©s sur les saints Canons et sur la tradition des P√®res. Il en est aussi qui, sous le pr√©texte de ces libert√©s, ne craignent pas de porter atteinte √† la primaut√© de saint Pierre et des Pontifes romains, ses successeurs institu√©s par J√©sus-Christ, √† l'ob√©issance qui leur est due par tous les chr√©tiens, et a la majest√© si v√©n√©rable aux yeux de toutes les nations du Si√®ge Apostolique o√Ļ s'enseigne la foi et se conserve l'unit√© de l'√Čglise. Les h√©r√©tiques, d'autre part, n'omettent rien pour pr√©senter cette puissance, qui renferme la paix de l'√Čglise, comme insupportable aux Rois et aux Peuples, et pour s√©parer par cet artifice les √Ęmes simples de la communion de l'√Čglise et de J√©sus-Christ.
C'est dans le dessein de rem√©dier √† de tels inconv√©nients que nous, Archev√™ques et √Čv√™ques assembl√©s √† Paris par ordre du Roi avec les autres d√©put√©s qui repr√©sentent l'√Čglise gallicane, avons jug√© convenable, apr√®s une m√Ľre d√©lib√©ration, d'√©tablir et de d√©clarer :
I. Que saint Pierre et ses successeurs, vicaires de J√©sus-Christ, et que toute l'√Čglise m√™me n'ont re√ßu puissance de Dieu que sur les choses spirituelles et qui concernent le salut, et non point sur les choses temporelles et civiles ; J√©sus-Christ nous apprenant lui-m√™me que son royaume n'est point de ce monde, et en un autre endroit, qu'il faut rendre √† C√©sar ce qui est √† C√©sar et √† Dieu ce qui est √† Dieu, et qu'ainsi ce pr√©cepte de l'ap√ītre saint Paul ne peut en rien √™tre alt√©r√© ou √©branl√© : que toute personne soit soumise aux puissances sup√©rieures ; car il n'y a point de puissance qui ne vienne de Dieu y et c'est lui qui ordonne celles qui sont sur la terre ; celui donc qui s'oppose aux puissances r√©siste √† l'ordre de Dieu. Nous d√©clarons en cons√©quence que les Rois et les Souverains ne sont soumis √† aucune puissance eccl√©siastique par l'ordre de Dieu dans les choses temporelles ; qu'ils ne peuvent √™tre d√©pos√©s ni directement ni indirectement par l'autorit√© des chefs de l'√Čglise ; que leurs sujets ne peuvent √™tre dispens√©s de la soumission et de l'ob√©issance qu'ils leur doivent ou absous du serment de fid√©lit√©, et que cette doctrine, n√©cessaire pour la tranquillit√© publique et non moins avantageuse √† l'√Čglise qu'√† l'√Čtat, doit √™tre inviolablement suivie comme conforme √† la parole de Dieu, √† la tradition des saints P√®res et aux exemples des Saints.
II. Que la pl√©nitude de puissance que le Saint-Si√®ge Apostolique et les Successeurs de saint Pierre, vicaires de J√©sus-Christ, ont sur les choses spirituelles est telle que les D√©crets du saint Concile ¬Ćcum√©nique de Constance dans les sessions IV et V, approuv√©s par le Saint-Si√®ge Apostolique, confirm√©s par la pratique de toute l'√Čglise et des Pontifes romains, et observ√©s religieusement dans tous les temps par l'√Čglise gallicane, demeurent dans toute leur force et vertu, et que l'√Čglise de France n'approuve pas l'opinion de ceux qui donnent atteinte √† ces d√©crets ou qui les affaiblissent en disant que leur autorit√© n'est pas bien √©tablie, qu'ils ne sont point approuv√©s ou qu'ils ne regardent que les temps de schisme.
III. Qu'ainsi, l'usage de la puissance apostolique doit √™tre r√©gl√© suivant les Canons faits par l'Esprit de Dieu et consacr√©s par le respect g√©n√©ral ; que les r√®gles, les m¬úurs et les constitutions re√ßues dans le royaume doivent √™tre maintenues et les bornes pos√©es par nos P√®res demeurer in√©branlables ; qu'il est m√™me de la grandeur du Saint-Si√®ge Apostolique que les lois et les coutumes √©tablies du consentement de ce Si√®ge respectable et des √Čglises subsistent invariablement.
IV. Que, quoique le Pape ait la principale part dans les questions de foi et que ses D√©crets regardent toutes les √Čglises et chaque √Čglise en particulier, son jugement n'est pourtant pas irr√©formable, √† moins que le consentement de l'√Čglise n'intervienne.
Nous avons arr√™t√© d'envoyer √† toutes les √Čglises de France et aux √Čv√™ques qui y pr√©sident par l'autorit√© du Saint-Esprit, ces maximes que nous avons re√ßues de nos P√®res, afin que nous disions tous la m√™me chose, que nous soyons tous dans les m√™mes sentiments et que nous suivions tous la m√™me doctrine.

Déclaration des Quatre articles (1682). Publiée par Louis Mention, Documents relatifs aux rapports du clergé avec la royauté de 1682 à 1705, Picard, 1893, pp. 27-31.




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