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Le bon roi Dagobert

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Modifié : 05/11/2011 à 23h07


Dagobert régnant déjà depuis sept ans, et en possession, comme nous l'avons dit, de la plus grande partie du royaume de son père [Clotaire II], alla en Bourgogne. L'arrivée de Dagobert frappa d'une si grande crainte les évêques, les grands et tous les Leudes du royaume de Bourgogne, que c'était une chose étonnante ; mais il procura une grande joie aux pauvres en leur rendant justice. Lorsqu'il vint à Langres, il jugea avec tant d'équité tous les Leudes, les pauvres comme les riches, que partout on le regarda comme tout-à-fait agréable à Dieu ; aucun présent, aucune acception de personnes ne pouvaient réussir auprès de lui ; le très-haut Seigneur gouvernait par la seule justice. Étant ensuite allé à Dijon, et ayant passé quelques jours dans Saint-Jean-de-Losne, il établit avec un grand soin la justice sur tout le peuple de son royaume ; animé de ce bon désir, il ne mangeait ni ne dormait, voulant que tout le monde s'en retournât de sa présence après avoir obtenu justice. Le même jour qu'il voulait partir de Saint-Jean-de-Losne pour Châlons, étant entré dans le bain avant le jour, il fit tuer Brodulf, oncle de son frère Charibert, par les ducs Amalgaire et Arnebert et par le patrice Willibade.
Étant allé ensuite à Auxerre par Autun, il vint à Paris par la ville de Sens, et, abandonnant la reine Gomatrude à Reuilly, où il l'avait épousée, il se maria à une jeune fille, nommée Nantéchilde, et la fit reine. Depuis le commencement de son règne, suivant les conseils de saint Arnoul, évêque de Metz, et de Pépin, maire du palais, il gouvernait l'Austrasie avec tant de bonheur qu'il était loué par toutes les nations. Son courage avait tellement semé l'épouvante que tous les peuples se soumettaient à lui avec empressement, à tel point que les nations qui habitent sur la frontière des Avars et des Esclavons désiraient fort qu'il marchât contre ceux-ci, promettant hardiment qu'il les subjuguerait et tout le pays jusqu'aux terres de la république romaine. Après la mort de saint Arnoul, aidé des conseils de Pépin, maire du palais, et de Chunibert, évêque de Cologne, il gouverna tous ses sujets avec tant de bonheur et d'amour pour la justice qu'aucun des rois Francs ses prédécesseurs ne fut loué plus que lui. Il en fut ainsi jusqu'à son arrivée à Paris.

Frédégaire, Chronique, IV, 58. Collection des mémoires relatifs à l'Histoire de France par Guizot, p. 203-205.



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