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Les guerres médiques

Auteur : Pacha
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Modifié : 23/10/2011 à 13h37



Les guerres médiques opposèrent les cités grecques à l’empire achéménide. Érigées en victoire de la démocratie sur le despotisme, cette succession de conflits entraîna l’âge d’or de la Grèce classique et le déclin de l’empire perse. Les victoires inattendues des grecs marquèrent pour toujours la pensée occidentale. Bien qu’opposés de fréquentes fois, les deux partis profitaient depuis des siècles l’un de l’autre : les mercenaires grecs étaient les plus estimés des Grands rois (les rois de l’empire achéménide) et rapportaient dans leurs cités l’or et les métaux précieux qui encourageaient la construction des flottes marchandes et des colonies grecques. Quelles sont les origines de cette guerre et comment les grecs sont-ils parvenus à résister à un ennemi si puissant malgré leurs divisions ?


La première guerre médique


Origine : Ionie


Des cités grecques établies sur les côtes occidentales de l’actuelle Turquie (dont la plus importante est Milet), riches de par leur vocation commerciale et artisanale, attisèrent la convoitise des perses. Elles furent conquises sous le règne de Cyrus II aux alentours des années 540 av. J.C.. Bien qu’ayant une large autonomie, ces cités (moins d’une vingtaine) durent accepter et entretenir le satrape ou le tyran que le roi perse choisit.. Cependant la politique perse finira finalement par excéder ces villes. Tout d’abord, la simple volonté d’indépendance à laquelle s’ajoute la conquête de la Thrace et la guerre contre les scythes (la Thrace fournissant désormais son blé à la Babylonie et les scythes stoppant tout commerce avec les grecs), mais également la conquête de Byzance leur empêchant de commercer vers la mer Noire. De plus, les perses favorisent leurs rivaux phéniciens car ceux-ci forment la moitié de leur flotte. Pour des cités mercantiles, les pertes sont grandes et les velléités d’indépendance toujours plus fortes.
Finalement, les cités ioniennes s’arment en silence et députent auprès des cités grecques pour demander de l’aide. Seules, Athènes et Érétrie envoyèrent de l’aide (respectivement 20 et 5 navires). Le tyran de Milet lui-même, Histiée (il vivait cependant à Suse) conseilla à son gendre Aristagoras qui gouvernait en son absence de prendre également part à la révolte (c’est à cette occasion que nous parvint la première stéganographie historique : Histiée tatoua son message sur le crâne d’un esclave, qui fut plus tard caché par la pousse des cheveux et fut finalement envoyé à Aristagoras).
Une fois les hostilités engagées, la flotte grecque détruisit une petite flotte phénicienne en Pamphylie (vers 498 av. J.C.).

Au bout de six années de guerre et de fortunes diverses, les perses reprirent toutes les villes une à une. Les Cariens purent toutefois obtenir une paix honorable in extremis grâce à une ultime victoire. À l’inverse, Milet tomba et sa population fut déportée.

Préparatifs et combats


En fait, il y eut deux attaques de la part des perses. La première (-492) fut contrainte à la retraite suite à une tempête qui détruisit la moitié de leur flotte ainsi qu’à une destruction de leur campement par les païoiens.
La seconde campagne (-490) s’accomplit avec de meilleurs préparatifs. Des ambassadeurs perses furent envoyés dans toutes les cités grecques avec pour message l’ordre de soumission. Seules Athènes et Sparte refusèrent l’ultimatum. Malgré cela, les grecs ne s’armèrent pas ni ne s’associèrent, croyant le danger trop loin.
Les perses vont finalement débarquer à Marathon, à quarante kilomètres d’Athènes. Sur les cinquante milles soldats perses, seuls vingt-et-un mille restent à terre, les autres rembarquent pour voguer directement sur Athènes. Les athéniens n’ont pas le choix : pour survivre, ils doivent d’abord affronter et vaincre l’armée de terre perse, puis revenir en toute hâte défendre la cité.
Les grecs quittèrent donc la cité avec leurs alliés platéens (au total dix mille hoplites) pour se porter au-devant de l’armée perse. La bataille se déroula sur la plaine de Marathon où l’armée perse fut enveloppée et détruite. Puis les hoplites laissèrent leurs blessés se soigner et repartirent à marche forcée vers leur cité menacée. Ils y arrivèrent de fait une heure avant la flotte perso-phénicienne. Voyant leur stratégie mise à mal, les perses renoncèrent à débarquer et repartirent, la satrapie égyptienne s’étant en effet révoltée, ils durent se focaliser sur ce nouveau théâtre de bataille.
Paradoxalement, alors qu’en Occident, les guerres médiques sont toutes vues comme une victoire des grecs, ceux-ci sont en fait les plus grands perdants de ce premier affrontement (à l’exception d’Athènes qui assoit son hégémonie). En effet, les perses n’ont échoué qu’un simple débarquement et à côté de cela, ont, à nouveau, soumis la Thrace et la Macédoine en 492 et ont conquis presque toutes les îles de la mer Égée avant leur arrivée en Attique.


La seconde guerre médique


Préparatifs


Roi en 485 av. J.-C., Xerxès Ier succède à son père Darius Ier et devint le nouveau Grand Roi. Celui-ci achève de mater la rébellion des égyptiens (-484), puis prépare la vengeance perse à l’encontre des grecs, il doit cependant faire face à une autre révolte, en Babylonie, cette fois et qu’il ne stoppera qu’en 482 av. J.-C.
Voulant maximiser ses chances de réussite, Xerxès passa alliance avec Carthage par le truchement des cités phéniciennes (sans doute Tyr ou Sidon) afin que les carthaginois attaquent les grecs de Sicile et de Grande-Grèce et que ceux-ci ne puissent soutenir ceux de Grèce continentale. Il fit également construire mille deux cents navires et rassembla une armée estimée de nos jours à environ deux cent cinquante milles hommes.
Afin de traverser l’Hellespont, il fait construire un pont avec ses navires (près de sept cents y sont utilisés) afin de faire traverser ses troupes le plus rapidement possible. Des contacts sont même noués avec des villes grecques : Thèbes et d’autres villes mineures passent alliance avec le Grand roi.

Les effectifs des grecs sont étrangement plus difficiles à estimer que ceux des perses, ils oscillent aux extrêmes : de sept mille à quatre-vingt mille. Ils ne possèdent cependant pas de cavalerie et leur flotte est de trois cent soixante trières et une cinquantaine de pentecotères. À noter que deux cents navires appartiennent aux seul athéniens. Ceux-ci ont en effet découvert peu avant une mine d’argent sur leur territoire. Thémistocle obtint à l’ecclésia que l’intégralité des revenus de ces mines (connues sous le terme de mines du Laurion) serve à la construction et à l’entretien de la flotte athénienne.

Arrivée et campagne des perses


Le plan perse soutenu par Mardonios (qui commande l’armée de terre) est de traverser la Thrace, puis la Macédoine et de descendre en Grèce. La flotte servant de protection et de ravitaillement de l’armée de terre devra toujours suivre et ne jamais s’éloigner des fantassins perses.
Les grecs sentant le danger proche se réunissent au congrès de Corinthe et trente et une cités nouent une alliance défensive. Ce sont deux citoyens spartiates qui commanderont l’armée grecque : Léonidas à l’armée de terre et Eurybiade à la flotte.

Alors que la Thessalie est envahie, les grecs prennent position aux Thermopyles afin de bloquer l’accès à la Grèce centrale. Dix mille soldats appuyés par la totalité de la flotte grecque vont devoir bloquer l’armée perse. Celle-ci arrive en même temps que sa flotte qui fera prendre retraite aux vaisseaux grecs qui se replièrent et halèrent leurs navires sur terre tandis qu’une tempête providentielle détruisit quatre cents navires perses ancrés près de récifs et de hauts-fonds. Une escarmouche et une seconde tempête détruiront encore deux cents navires phéniciens et égyptiens alors que les grecs perdent une dizaine de voiles.
Finalement, après quelques jours de combats, Léonidas renvoya les blessés et la quasi-totalité de l’armée. Ne gardant que trois cents spartiates et sept cents thébains (visiblement mécontents de l’alliance de leur cité avec le Grand Roi) et thespiens, il fut finalement vaincu alors que les perses contournèrent leurs positions.
Continuant leur progression, les perses atteignirent Thèbes qui se rendit, mais également Athènes évacuée méthodiquement par Thémistocle et qui fut mise à sac et brûlée. Les escadres ennemies s’affrontèrent dans la baie de Salamine où Thémistocle sépara l‘armada perse en deux par désinformation et coula la majeure partie des bâtiments perses en les combattant dans un étroit goulot. Le Grand Roi assista à la défaite de ses troupes depuis la terre ferme où il avait installé son trône et toute sa suite pour assister à la bataille. Son trône sera d’ailleurs récupéré par les grecs car Xerxès s’enfuit en voyant la défaite.
L’hiver passé, Mardonios redescendit en Attique et réoccupa Athènes (une nouvelle fois évacuée). Les grecs, commandés par Pausanias rassemblèrent une armée d’environ cinquante mille hommes (dont une majorité d’hoplites et quelques ilotes) et vainquirent les perses à Platées (-479), tuant par la même occasion Mardonios. Cette victoire sera complétée par la destruction des derniers navires perses qui furent brûlés à terre par une attaque athénienne au cap Mycale (-479).



Après toutes ces victoires, les grecs repoussèrent partout les perses. Athènes occupa ou réoccupa le Chersonèse et des îles de la mer Égée, établit des comptoirs et des colonies sur la mer Noire, fonda la ligue de Délos, réaménagea le Pirée, construisit des remparts. Sparte relance son hégémonie sur le Péloponnèse, Thèbes se reconstruit. Des colonies grecques essaiment à nouveau sur toute la Méditerranée. C’est l’âge d’or de la Grèce qui sera portée plus tard au plus haut avec Périclès et encore plus tard avec Alexandre.

uTip




Bibliographie :
Baslez, Marie-Françoise. Histoire politique du monde grec antique. Armand Colin, 2004.
Mossé, Claude ; Schnapp-Gourbeillon, Annie. Précis d'histoire grecque. Armand Colin, 2003.

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