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Napoléon III défend les chemins de fer et l'haussmannisation de Paris


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Modifié : 15/07/2019 à 17h39


Au début de l'Empire, Napoléon III s'adresse au bonapartiste Bernard-Adolphe Granier de Cassagnac, qui lui a fait part des plaintes et de l'incompréhension des paysans propriétaires gersois à l'égard des transformations de Paris :

Les propriétaires ruraux de votre pays tiennent, en ce moment, le langage de tous les autres. Je vous prédis qu'ils ne persisteront pas dix ans dans la même erreur. Grâce aux agrandissements et aux embellissements que je médite, Paris deviendra un tel centre d'attraction, que les chemins de fer, exécutés parallèlement, en feront le premier marché d'approvisionnement du monde. Tout ce que les difficultés, les longueurs et les frais de transport en éloignent, y viendra. Vous mangerez à Paris les œufs frais de votre basse-cour ; les fruits, les volailles, les légumes des départements les plus éloignés y arriveront, la nuit, pendant que vous dormirez ; et vous serez tout étonnés, à votre réveil, de déjeuner avec du lait venu de Falaise, ou des petits pois cueillis à Perpignan. Avant dix ans, les ménagères des villes de province se plaindront de ce que le marché de Paris leur enlève tout. Ah ! oui, sans doute, le prix de la main d'œuvre augmentera dans les campagnes ; mais je ferai gagner à la terre de quoi payer cette augmentation. […]
La transformation de Paris est le complément nécessaire du réseau de chemins de fer dont je veux couvrir la France, et qui, en un temps donné et prochain, se souderont aux chemins [de fer] étrangers. Que deviendraient ces flots de voyageurs jetés dans une ville qui n'est pas percée en vue de les recevoir ? Où seraient les voitures pour les distribuer dans les divers quartiers, et les hôtels pour les loger ? Et puis, peut-on songer à attirer les étrangers à Paris, pour leur montrer des quartiers infects, sans air et sans soleil ? D'ailleurs, on ne va que là où l'on se plaît ; il faut qu'on se plaise à Paris. Je ferai de vastes parcs bien aménagés, bien arrosés, bien percés, avec les bois embroussaillés et poussiéreux de Boulogne et de Vincennes ; je sèmerai des squares à travers la ville, et je ferai un parterre des Champs Élysées. Je sais que l'on critiquera, que l'on se plaindra. Le paysan, dont on coupe la vigne pour faire passer une ligne de rails, pousse des cris perçants ; le propriétaire parisien dont où détruit le nid à rats pour élever le Louvre, gémit d'être obligé de déménager ; quand mon œuvre sera achevée, on me rendra justice ; et, si les partis m'attaquent dans le présent, les chemins de fer de la province et les monuments de Paris me défendront dans l'avenir.

Bernard-Adolphe Granier de Cassagnac, Souvenirs du Second Empire, tome II, Paris, E. Dentu, 1881, pp. 221-222.




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