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La monarchie de Juillet vue par Canrobert


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Modifié : 25/03/2017 à 18h35


François-Certain de Canrobert (1809-1895), militaire de carrière ayant reçu son bâton de maréchal de France sous le Second Empire (1856), fut sénateur bonapartiste de 1876 à 1894. Il rédigea des notes sur sa vie (jusque vers 1850), conservées aux Archives nationales, dont est tiré l'extrait qui suit, à propos de la monarchie de Juillet.

Les Bourbons de la branche aînée expulsés, 221 députés leur donnèrent pour successeur la branche cadette dont le chef, le duc d'Orléans, fût nommé roi des Français sous le nom de Louis-Philippe I.
Ce prince, à esprit libéral et éclairé, dût acheter bien cher sa couronne, et naviguer longtemps entre, ce qu'on appelait spirituellement alors, le quoique, ou le parce que, Bourbon.
Rejeté par les classes supérieures, élu par la classe moyenne, et ayant à redouter la populace alléchée par la Révolution, il fut contraint de faire tour à tour, aux deux dernières classes, des cajoleries et des concessions qui paralysèrent son pouvoir, le déconsidérèrent, et l'amenèrent enfin à un affaiblissement moral tel qu'il s'évanouit en février 48 devant une simple émeute.
Le règne de Louis-Philippe a duré 18 ans. Sous lui, le parlementarisme et l'orgueil bourgeois se sont épanouis dans tout leur éclat. La parole a été en grand honneur. Mais les actes, ceux extérieurs surtout, ont été faibles [deux mots illisibles] parfois ; ils ont froissé l'amour propre national ; aussi la France n'a rien fait pour le soutenir, malgré des services réels qu'elle en avait reçus.
Pour donner le change sur sa faiblesse extérieure, le gouvernement du roi Louis-Philippe a cherché à faire vibrer les souvenirs de la gloire impériale. Le nom de Napoléon a été comme déifié. Les cendres du grand homme ont été exposées à la religieuse vénération de la foule, et sa statue, rétablie au haut de la colonne de la Grande Armée, a ravivé les sentiments intimes du peuple qu'avait enthousiasmé la gloire et les malheurs du grand Empereur.
Cette conduite, que les Orléans croyaient habile, devait plus tard élever sur le pavois leur ennemi le plus naturel, le neveu de Napoléon, auquel ce nom seul gagnait les masses.

Archives nationales, 595 AP 3, manuscrit autobiographique (rédigé après 1848).




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