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Lisbonne, un grand port de l'Atlantique


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Modifié : 20/02/2017 à 15h19


Lisbonne est à l'embouchure du Tage. C'est une grande ville, bien bâtie, située sur sept collines. Elle est bien peuplée. En 1748, on en fit le dénombrement exact à l'occasion d'une gageure des Anglais, il s'y trouva 270 mille âmes, ou environ, y compris les étrangers.
Son port est un des plus sûrs, des plus vastes et des plus commodes de l'Univers. Il peut contenir dix mille vaisseaux à l'ancre, en sûreté, sans s'incommoder les uns les autres, et il a assez de profondeur pour que les vaisseaux puissent ancrer devant les fenêtres du Roi. Les plus grands vaisseaux y abordent, mais l'entrée en est difficile à cause des bancs de sable et des rochers. Ce port forme une espèce de baie qui se resserre à mesure que l'on approche de la ville.
Cette ville est très riche et l'une des plus marchandes de l'Europe. Mais tout le monde sait combien cette magnifique et grande ville a souffert par le tremblement de terre arrivé le 1er novembre 1755. Elle se rétablira sans doute avec le temps au même point de splendeur où elle a été, aussi bien que son commerce, au moyen de l'or que les mines du Brésil lui produisent annuellement. [...]
Il part tous les ans de Lisbonne, et de Porto, 20 ou 22 vaisseaux marchands pour Rio de Janeiro, 30 pour la Baie de tous les saints (1), autant pour Pernambouc (2), et 7 ou 8 pour Paraiba (3). Ceux qui vont à Rio de Janeiro et à la Baie de tous les saints font environ 500 tonneaux, et ceux pour Pernambouc et Paraiba seulement 250, parce que de plus grands bâtiments ne pourraient entrer dans les ports de ces deux derniers Capitanats, ou provinces du Brésil.
Tous les bâtiments destinés pour un même lieu partent ensemble et reviennent de même, ceux de Porto se joignant à ceux de Lisbonne. Les vaisseaux destinés pour Paraiba et Pernambouc vont toujours de conserve et reviennent aussi en flotte.
Le Roi du Portugal donne tous les ans cinq vaisseaux de guerre pour escorter les navires marchands [...]
Les marchandises qu'on porte au Brésil sont des farines, du vin, de l'eau-de-vie, de l'huile, des étoffes communes de laine, des toiles de lin et du fil, qu'on prend au Portugal.
Des bas de soie, des chapeaux, des bayettes (4), des serges (5), et autres semblables laineries qu'on tire d'Angleterre et de Hollande.
Des toiles blanches, appelées Panicos ; des toiles écrues, nommées Aniages et Groga ; des platines et fonds de cuivre, propres pour les engins, ou moulins à sucre, qu'on fait venir de Hambourg.
Des toiles de Bretagne, de la moindre largeur ; des droguets, des serges et des brocards nués, de toutes sortes de couleurs, que la France fournit.
Enfin, des tabis (6) de soie, des taffetas, des soies pour coudre, et du papier, qui viennent d'Italie.
Les marchandises d'Angleterre font la moitié de ce commerce, et sont celles dont le débit est plus grand, parce qu'elles conviennent à tout le monde.
Les retours du Brésil sont en sucre, en tabac, en cuirs, etc.

Jacques Savary des Bruslons et Philémon-Louis Savary, Dictionnaire universel de commerce, d'Histoire naturelle et des Arts et métiers, tome V, Copenhague, chez Claude Philibert, 1765, pp. 892-893.

(1) (2) (3) États du Brésil.
(4) Fin tissu de laine blanche, noire ou brune.
(5) Laine tissée selon une méthode spécifique.
(6) Étoffe de soie ondée.




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