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Un pamphlet anti-Napoléon


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Modifié : 11/05/2014 à 11h25


A la fin du Premier Empire et dans les années qui suit son abdication, Napoléon est un objet d'exécration, comme en témoignent les titres des libelles et pamphlets qui sont publiés contre lui : L'Ogre de Corse (Rougemaître), Le Brigand corse (anonyme) ou Le Néron corse (Verriez) dont est extrait le texte ci-dessous. Ces textes contribuèrent à forger la légende noire d'un tyran étranger sans envergure, ayant bâti sa gloire sur le sang de centaines de milliers de Français.

Avait-il renversé une puissance voisine, il redoutait celle qui la touchait ; de proche en proche, sa fureur soupçonneuse et sa craintive politique enveloppaient les deux mondes. N'ayant jamais pardonné, il ne pouvait concevoir qu'on pût lui pardonner ses attentats et ses usurpations.

Il savait que pour se maintenir sur le trône, il fallait que tous les Etats voisins fussent gouvernés par des usurpateurs. Buonaparte on n'en saurait douter, avait fait ce calcul ; aussi dit-il alors qu'avant dix ans il serait le chef de la plus ancienne dynastie de l'Europe.

Il renversait ses plus fidèles alliés qui ne voulaient point l'aider à cimenter son despotisme. Sa passion était d'abattre des trônes, de détruire des Etats et d'anéantir des dynasties. Le pillage, le meurtre et l'incendie l'accompagnaient partout : il nous fit des ennemis irréconciliables de tous les peuples qu'il voulait incorporer à son Empire. Son ambition n'était pas seulement de conquérir la terre, mais de l'ensanglanter et de la dépeupler. Il aimait le carnage, la vue du sang réjouissait ses regards. Le plus beau de tous les spectacles pour lui, était un champ de bataille couverts de morts. Plus d'une fois il fit passer son carosse sur les cadavres. Il avait pour tous les hommes un tel mépris, qu'il eut vu périr le dernier sans regret, et qu'il les eut tous immolés sans remords. Soldat farouche et sanguinaire, il avait la férocité du tygre et les ruses du serpent ; la perfidie de Tybère et la cruauté de Néron. Sa vie entière n'offre qu'une série continuelle des plus abominables forfaits.

L. Verriez, Le Néron corse, Gand, 1815, pp. 10-11.




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