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Les débuts de la Troisième République (1870-1914)

Auteur : Thibault
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Modifié : 23/05/2015 à 23h04



La capitulation d'une armée française à Sedan, le 2 septembre 1870, et la captivité de l'empereur Napoléon III vont être fatal au Second Empire. Le 4 septembre, sous la pression d'un mouvement populaire parisien qui envahit le Corps législatif, les républicains jusque-là hésitants mettent à bas l'Empire et proclament la IIIe République à l'Hôtel de Ville. Le changement de régime en province se fait dans la douceur, exceptés dans certaines grandes villes comme Lyon ou Marseille où l'extrême gauche tente de s'emparer du pouvoir. A la suite de diverses tractations, un « gouvernement de la Défense nationale », en raison de l'invasion prussienne, se met en place, présidé par le général Trochu et dominé par les républicains modérés.
Malgré une naissance difficile marquée par l'élection en février 1871 d'une Assemblée nationale à majorité monarchiste, la IIIe République qui s'installe est le plus durable des régimes que la France ait connu depuis 1789. Ce résultat sera confirmé par la victoire des républicains lors de toutes les élections législatives entre 1876 et 1914.


La républicanisation de la France (1870-1885)


Un régime encore incertain (1870-1876)


En dépit d'une situation militaire désespérée, les Français poursuivent les combats. De septembre 1870 à janvier 1871, Paris est l'objet d'un terrible siège marqué par la disette, de nombreux bombardements et un hiver rude. Le 18 janvier 1871, Guillaume Ier, roi de Prusse, est proclamé « empereur d'Allemagne » à Versailles. Dix jours plus tard, le gouvernement provisoire français sollicite un armistice pour négocier les conditions de la paix.
Bismarck demandant à traiter avec un gouvernement légitime, des élections se tiennent le 8 février 1871 dans une atmosphère dramatique et en l'absence d'une véritable campagne électorale. Tandis que les monarchistes, favorables à la paix avec la Prusse, arrivent à constituer des listes de large union tout en restant discrets sur la question du régime, les républicains, unis sur la question du régime, sont divisés sur la question de la Prusse.
La victoire des monarchistes, traduisant l'aspiration profonde des Français à la paix, était prévisible. Ils l'emportent partout sauf dans les grandes villes, terres de la gauche, et dans l'Est. Au total, sur 675 élus, on compte environ 400 monarchistes (220 orléanistes et 180 légitimistes) et 250 républicains divisés entre radicaux et modérés. Le 17 février 1871, Adolphe Thiers, fort d'une longue expérience et d'une grande popularité, est élu « chef du pouvoir exécutif de la République française ». Le 1er mars, les préliminaires de paix sont ratifiés et l'Alsace et la Moselle sont cédés à l'Allemagne.

L'échec d'une tentative de Restauration


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Adolphe Thiers.
La majorité monarchiste va commettre l'erreur de prendre ce qui est une circonstance exceptionnelle (l'invasion de la Prusse) pour une tendance profonde en songeant à une Restauration. Les monarchistes demandent au comte de Chambord de monter sur le trône. Celui-ci publie un manifeste le 5 juillet 1871 où il déclare sa fidélité au drapeau blanc. Il rejette le drapeau tricolore comme étant le drapeau des régicides. Des débats s'ensuivent au sein des monarchistes sur la question du drapeau. Les monarchistes sont aussi divisés sur la forme du régime : si le groupe extrémiste des « Chevau-Légers », du nom de la rue où se trouve leur salle de réunion, entend restaurer la société de l'Ancien Régime, rejetant le libéralisme sous toutes ses formes, à l'opposé, les orléanistes restent attachés au libéralisme politique et économique. Finalement, la majorité décide de se donner le temps de la réflexion en maintenant le status quo.

Le président de la République, Adolphe Thiers, s'il est originairement monarchiste, se convertit aux idées républicaines. Il finit par apparaître comme dangereux à la majorité et est renversé le 24 Mai 1873. Le jour même, le maréchal Mac-Mahon est élu président de la République.

Mac-Mahon, dès le 25 Mai, définit la politique que le gouvernement souhaite suivre: « Avec l'aide de Dieu [...] nous continuerons l'œuvre de la libération du territoire et du rétablissement de l'ordre moral dans notre pays ». Il s'agit de défendre l'ordre moral, c'est-à-dire la prééminence des classes dirigeantes traditionnelles (aristocratie et haute bourgeoisie) et la place centrale qu'occupe l'Eglise catholique dans la société. Cet ordre moral implique implicitement la restauration monarchique. Pourtant, celle-ci n'aura pas lieu. Le comte de Chambord reste inflexible sur ses positions et la Restauration devient impossible. Pour prolonger les espoirs et avoir le temps d'obtenir l'accord du comte de Chambord, les monarchistes votent une modification constitutionnelle : le septennat. Les pouvoirs du président de la République sont aussi étendus et ce dernier est élu au suffrage indirect (souci d'éviter l'arrivée d'un nouveau Louis-Napoléon Bonaparte).
Pendant ce temps, les républicains gagnent les élections. En 1876, les légitimistes ne sont plus que 25 à l'Assemblée.

L'installation de la République


En 1879, le Sénat est acquis aux républicains et Jules Grévy devient le premier président républicain de la IIIe République. Les républicains disposent des moyens d'agir et se donnent pour but d'enraciner la République pour en faire le régime définitif de la France. Les élections de 1881 sont un succès pour les républicains de gouvernement. Ils obtiennent 5,1 millions de voix contre 1,8 pour les conservateurs. La République est installée.

Les républicains vont surtout s'attacher à convertir la jeunesse aux idées républicaines par la « séparation de l'Eglise et de l'école » et par le développement de l'instruction. En favorisant le progrès des « lumières » dans l'esprit des enfants, pense-t'on, et donc en libérant les consciences, la République, qui marque le triomphe de la raison sur la tradition, pourra s'enraciner. C'est ainsi que sont votées les lois Ferry instaurant l'école gratuite, obligatoire et laïque en 1881-1882.

Les républicains cherchent également à enraciner la République par la mise en place de symboles. La devise « Liberté, Égalité, Fraternité » fait son retour, sur les frontons des édifices publics notamment. En 1879, La Marseillaise devient l'hymne national de la République, et, en 1880, le 14 Juillet devient le jour de la fête nationale de la République. Dans les mairies, le buste de Marianne s'impose.


La République face aux crises (1885-1899)


La tentation boulangiste


La politique extérieure, constitue au début des années 1880, un point de discorde. Les républicains de gouvernement, dits « opportunistes », se font reprocher d'être trop conciliants avec l'Allemagne et sont critiqués sur leur politique coloniale. Le peuple, se souvenant de la perte de l'Alsace-Moselle, est alors beaucoup plus patriote continentalement que colonialement. C'est dans ce contexte qu'a lieu la crise boulangiste.

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Georges Boulanger.
En janvier 1886, Jules Grévy (alors réélu président de la République en décembre 1885) demande à Freycinet de former un nouveau gouvernement. Celui-ci comporte le général Boulanger, alors peu connu de l'opinion, et recommandé par Clemenceau. Apprécié par les radicaux, celui-ci a gagné une réelle popularité par une série d'habiles mesures : refus de la répression de la Commune, rétablissement de la revue militaire du 14 Juillet en 1886 (au cours de laquelle il fait vive impression), suppression des dispenses militaires pour les ecclésiastiques (« les curés sac au dos »).
Alors que le commissaire de police de Pagny-sur-Moselle est arrêté par les Allemands pour espionnage, Boulanger propose l'envoi d'un ultimatum à l'Allemagne, ce qui contribue encore à sa popularité. Le gouvernement refuse et traite l'affaire par la négociation. Mais très vite, Boulanger devient pour les Français le général Revanche.
En 1887, un nouveau gouvernement est formé qui n'inclut pas Boulanger. En 1888, le gouvernement met le général en retraite anticipée (grave erreur, car il a désormais l'éligibilité). Boulanger se présente alors à différentes élections partielles et remporte plusieurs succès, organisant de coûteuses campagnes électorales grâce au soutien des monarchistes qui s'en servent comme d'un bélier pour renverser la République. Le mouvement culmine quand Boulanger, candidat à Paris obtient un triomphe le 27 janvier 1889 avec 240.000 voix, contre 160.000 pour son adversaire. Tout Paris descend dans la rue aux cris de « A l'Elysée ! ». L'appui de la police, acquise à la cause boulangiste et le désarroi des adversaires rendaient facile le coup d'Etat. Boulanger hésite pourtant et finalement refuse, décevant une grande partie de ses partisans.
Pendant ce temps, les républicains s'organisent et lancent une campagne de diffamation. Menacé de passer en Haute Cour devant le Sénat pour atteinte à la sûreté de l'Etat, Boulanger s'enfuit en Belgique, et rapidement sa côte de popularité s'effondre. Les boulangistes n'obtiennent finalement que 42 sièges aux élections législatives d'automne 1889 contre 366 pour les républicains et 168 pour la droite.
Boulanger se suicide en septembre 1891 d'une balle de revolver sur la tombe de sa maîtresse.

Malgré tout, les problèmes soulevés par la crise boulangiste demeurent : déception devant le peu de réformes sociales accomplies, déception devant la non-préparation rapide d'une guerre de revanche, déception devant le mauvais fonctionnement du régime parlementaire.

Le scandale de Panama


Dans un contexte social tendu (fusillade de Fourmies en 1891, développement du mouvement socialiste) éclate une nouvelle affaire qui éclabousse le régime.

En 1888, la Compagnie du canal de Panama, qui rencontre de grandes difficultés financières dans son projet de percement du canal transocéanique, corrompt une centaine de parlementaires (avec des chèques) pour qu'ils votent le droit à la Compagnie d'émettre un emprunt dit « à lots », et arrose la presse pour inciter les Français à participer à la souscription. Cela n'empêche pas la Compagnie de faire faillite en 1889, entraînant la ruine de 85.000 souscripteurs. Le scandale n'éclate qu'en 1892, avec un article de la Libre Parole, le journal antisémite d'Edouard Drumont, révélant la corruption d'hommes politiques. C'est l'occasion pour les ennemis de la République ou du parlementarisme de mener une virulente campagne contre les parlementaires « chéquards » et le régime lui-même. Cette crise est marquée par un antisémitisme qui annonce celui de l'affaire Dreyfus, un certain nombre de juifs étant mêlés de près ou de loin à l'affaire, tel le banquier Jacques Reinach, responsable de la publicité de la Compagnie du Panama, qui se suicide en novembre 1892.

Malgré l'implication d'une centaine d'hommes politiques, les commissions d'enquête et les poursuites n'aboutissent qu'à la condamnation d'un ancien ministre des Travaux publics, Baïhaut, qui a eu la naïveté d'avouer sa complicité dans l'escroquerie. Cette crise a pour principale conséquence de renouveler en partie le personnel politique (un certain nombre de « chéquards » connaissant une éclipse politique), et d'accroître chez les Français le sentiment d'une collusion entre le pouvoir politique, la finance et la presse.

L'affaire Dreyfus


A la fin du mois de septembre 1894, le contre-espionnage français obtient la preuve qu'un officier français envoie des documents secrets à l'Allemagne. Les secrets de fabrication des armements auraient été révélés. Le 15 octobre 1894, un officier juif d'origine alsacienne, Alfred Dreyfus, est arrêté, accusé de trahison. Pour Sandler, du service de contre-espionnage, il n'y a pas de doute : Dreyfus est coupable. Dreyfus, jugé et condamné par un conseil de guerre, est dégradé et déporté en 1895. Un mouvement, initié par la famille de Dreyfus, s'organise pour le défendre. Le procès apparaît irrégulier : Dreyfus a été condamné sur la base de pièces « secrètes » cachées à la défense, donc non discutées.

En 1895, le colonel Picquart succède à Sandler : il constate que le dossier d'accusation est quasiment vide et mène une enquête. Il acquiert la certitude qu'un dénommé Esterhazy est le vrai coupable. Picquart fait part de ses découvertes à ses supérieurs mais se heurte à l'opposition du haut commandement qui entend défendre l'honneur de l'armée et le tribunal militaire. Picquart est sommé de se taire puis est exilé en Tunisie. En 1897, Auguste Scheurer-Kestner, vice-président du Sénat, est informé des dessous de l'affaire Dreyfus par l'avocat de Picquart, et acquiert la conviction que Dreyfus est innocent. La presse commence alors à laisser entendre que de hauts personnages de l'Etat doutent de la culpabilité de Dreyfus. Dès lors, l'affaire est lancée et les deux camps des dreyfusards et des antidreyfusards se constituent.

Le 13 janvier 1898, à la suite de l'acquittement d'Esterhazy malgré les preuves de sa culpabilité, Zola publie dans L'Aurore son célèbre « J'accuse ». Il espère que le procès pour diffamation qui va s'ensuivre deviendra le procès de Dreyfus. Zola, finalement condamné, s'enfuit en Angleterre. L'affaire rebondit quand, en août 1898, le colonel Henry avoue avoir fabriqué un faux visant à accuser Dreyfus, aveu suivi par son suicide le lendemain en prison. Le capitaine Dreyfus est rejugé à Rennes en août-septembre 1899, et se voit condamné avec circonstances atténuantes à dix ans de prison ; il est cependant aussitôt gracié par le président de la République. Il faut attendre 1906 pour voir la réhabilitation de Dreyfus (récompensé de la Légion d'honneur) tandis que Picquart est nommé ministre de la Guerre dans un gouvernement dirigé par Clemenceau.


De la crise de régime à la guerre (1899-1914)


La République radicale


La conséquence de l'affaire Dreyfus est le retour d'une politique laïque. Les radicaux, vainqueurs des élections de 1899 et 1902, voient dans le cléricalisme une des causes de l'antidreyfusisme : de fait, la plupart des journaux et organismes affirmant s'exprimer au nom du catholicisme étaient non seulement antidreyfusards mais restaient violemment hostiles à la République laïque.
Pour les républicains, le danger le plus immédiat est représenté par les congrégations religieuses qui ont encore un grand rôle dans l'enseignement. Pour y parer, Waldeck-Rousseau fait voter en 1901 leur interdiction afin de stopper définitivement l'influence de l'Eglise dans l'éducation. Dès 1902, plusieurs milliers d'écoles sont fermées avec parfois envoi de la troupe. L'anticléricalisme des républicains radicaux mène à une montée des tensions avec le Saint-Siège qui se termine par la rupture des relations diplomatiques en 1904. En 1905 est votée la loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat, œuvre de Combes et d'Aristide Briand. Les membres du clergé cessent d'être des fonctionnaires de l'Etat. Cette solution définitive est motivée par plusieurs arguments :

  • Argument sociologique : les catholiques pratiquants ne sont plus qu'une minorité (par exemple 2 % des habitants de Seine-et-Marne).
  • Argument politique : il y a connivence entre l'Eglise et les ennemis de la République.
  • Argument idéologique : la loi va accélérer la mort de l'Eglise.

La loi de séparation ouvre une grave crise : le Saint-Siège condamne la séparation par l'encyclique Vehementer nos (février 1906) et des catholiques appellent à la résistance armée. L'inventaire des biens des lieux de culte entraîne des violences collectives : le 27 février 1906, à la Chapelle de pèlerinage de Champels, quelques 150 manifestants armés de bâtons, de fourches voire de barres de métal agressent le receveur de l'enregistrement ; plusieurs gendarmes sont tués. Le gouvernement, ne voulant surtout pas faire des martyrs, mène alors une politique d'apaisement.

Le retour à l'Union sacrée


A partir de 1905, les relations internationales passent au premier plan. Cette même année, la crise de Tanger, résultant des ambitions coloniales allemandes, secoue la vie politique française : l'empereur Guillaume II considère le sultan « comme un souverain absolument libre » et se déclare déterminé à « tout faire pour sauvegarder efficacement les intérêts de l'Allemagne au Maroc ». Le Maroc est alors sous influence économique allemande mais sous tutelle politique française et Tanger, devant le détroit de Gibraltar, constitue un point stratégique essentiel pour les allemands. Un accord de 1906 stipule que le pays reste ouvert, sur un pays d'égalité, aux entreprises économiques et financières de toutes les puissances.

La France développe une alliance avec la Russie et surtout en 1904 avec l'Angleterre (entente cordiale) malgré l'affaire de Fachoda (1898). Ce rapprochement est surtout une conséquence de l'inquiétude de l'Angleterre face au développement militaire et économique de l'Allemagne.
En 1907 est conclu un accord anglo-russe : la Triple Entente est constituée.

La marche à la guerre


La période de 1909 à 1914 est marquée par une grande instabilité ministérielle : pendant ces 5 années, ce sont 11 ministères qui se succèdent dont 4 sont présidées par Aristide Briand. Les radicaux deviennent la première formation politique et les élections voient une poussée socialiste s'expliquant par l'accroissement de la classe ouvrière.
Peu à peu, le paysage politique est envahi par la montée des périls extérieurs, qui provoquent naturellement de nouveaux débats. En 1911, la deuxième crise marocaine (coup d'Agadir) renforce les tensions entre la France et l'Allemagne.
En 1913, Raymond Poincaré, particulièrement patriote, devient président de la République. Le service militaire est allongé à trois ans et les Français s'habituent à l'idée que la guerre est possible, voire inévitable. Le 28 juin 1914, l'archiduc François-Ferdinand, héritier de la double monarchie austro-hongroise, est assassiné par un bosniaque proche des milieux nationalistes serbes. Si la réaction à Paris est assez modérée, l'engrenage des systèmes alliances aboutit à la Grande Guerre : le 3 août, l'Allemagne déclare la guerre à la France. Ce conflit, que l'on croyait court (quelques semaines tout au plus), va durer quatre années et saigner la France à blanc. La IIIe République, quant à elle, va se maintenir jusqu'en 1940.





Bibliographie :
ANCEAU Eric, Introduction au XIXème siècle. Tome 2 : 1870 à 1914, Paris, Belin, 2005.
BARJOT Dominique, CHALINE Jean-Pierre, ENCREVÉ André, La France au XIXe siècle. 1814-1914, Paris, PUF, 2008.

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