Dans l'imaginaire collectif, Richard M. Nixon est et restera l'incarnation même du côté sombre de l'Amérique ; une conviction renforcée par le fait que Georges Lucas (créateur du mythe Star Wars) lui-même ait avoué s'être inspiré du 37ème président des États-Unis pour son diabolique personnage de Dark Vador. Mais la réputation fort sulfureuse de Nixon est-elle justifiée ou n'est-elle finalement que le fruit d'une abondante propagande médiatique visant, par le biais d'une affaire d'espionnage, à transformer l'ex-chef d'État en personnage politique le plus haï de son temps ?
Le libéralisme économique du XIXe siècle entraîne au niveau social une situation inédite. La bourgeoisie peut pratiquer pratiquement sans obstacle des activités diverses avec une main d'oeuvre venue de la campagne et s'installant en ville. Cette population de déracinés, soumise dans les grandes manufactures de la seconde moitié du siècle à des conditions de travail d'une grande pénibilité, sans protection, frappe les milieux chrétiens. Les partis politiques au pouvoir au XIXe ne se soucient pas de la question sociale, cette question sociale relevant du domaine privé ou caritatif. Plusieurs grands catholiques comme Mgr Affre, René La Tour du Pin et surtout Albert de Mun s'engagent contre la lutte pour la pauvreté. Si des initiatives viennent du clergé, il n'y a pas cependant de véritable doctrine sociale de l'Eglise avant la parution de l'encyclique Rerum Novarum de Léon XIII, en 1891.
Depuis la fin du VIIe siècle, la monarchie de Tolède traverse une grave crise tant au niveau politique que social marquée une instabilité dynastique. Les rivalités entre le roi et les aristocrates affaiblissent considérablement la capacité de résistance du royaume tandis qu'une part de la population - juifs et esclaves - a tout intérêt à un changement de pouvoir. En 711, lorsqu'une importante armée de Berbères musulmans traverse le détroit de Gibraltar, le royaume wisigothique est donc particulièrement vulnérable. Tariq ibn Ziyad, à la tête des forces musulmanes, conquiert la péninsule en seulement trois ans avant que des expéditions soient menées en Gaule. La brillante monarchie wisigothique s'effondre après deux siècles d'existence.
Dans le précédent article, nous avons conté la fabuleuse histoire de celui qui servit tour à tour les différents gouvernements que connut la France de la fin du XVIIIème siècle jusqu'au début du XIXème. L'histoire, commencée alors que Charles-Maurice était encore jeune ecclésiastique plein de vie et d'enthousiasme, plein d'entrain et grand séducteur, va donc s'achever dans cette seconde partie avec la mort du prince de Bénévent, fatigué des maux de sa longue vie mais certain d'avoir accompli un énorme service à sa patrie. Mais avant d'en arriver là, à voir le prince de Talleyrand-Périgord allongé sur son lit en train de tendre ses mains pour y recevoir les ultimes onctions, il nous faut d'abord reprendre le cours de sa vie, et ce au moment où le Directoire s'effondre et le Consulat s'installe.
« Je veux que pendant des siècles on continue à discuter sur ce que j'ai été, ce que j'ai pensé et ce que j'ai voulu ».
Telle a constamment été l'ambition de M. de Talleyrand-Périgord (1754-1838), prince de Bénévent, ex-évêque d'Autun et Ministre des Affaires étrangères. Avant-goût de nos hommes politiques modernes, on ne peut véritablement le rattacher à aucune période - les ayant quasiment toutes connues ! Servant tous les régimes (qu'ils soient royaliste, républicain, directorial, consulaire, impérial ou provisoire), il manipula son entourage d'une manière extraordinairement subtile ; jouant sur les ambitions de l'un, la vanité de l'autre et les faiblesses du troisième, il se servit de ses relations - publiques et privées - pour assouvir son incontrôlable soif de grandeur... et d'argent. Il impressionne encore aujourd'hui par son esprit visionnaire. Talleyrand est l'un des hommes d'Etat les plus intriguants de l'Histoire de France.
Quand on lu à Georges Clémenceau (1841-1929) le testament de son ex-collègue politique Georges Boulanger, qui désirait graver sur sa tombe « Marguerite-Georges / Ai-je bien pu vivre deux mois sans toi ? », le futur Président du Conseil proposa plutôt ceci : « Ci-gît le général Boulanger qui mourut comme il a vécu : en sous-lieutenant. » Terrible déclaration de Clémenceau qui, quelques temps auparavant, avait refusé de continuer à soutenir son ancien condisciple du lycée de Nantes, alors chef de file du mouvement qui portait son nom. Le boulangisme fut un feu de paille électoral ; mais pourquoi, quand et comment celui-ci est-il apparu ? Quel était son but, son programme politique qui se résumait en trois mots : « Dissolution, Révision, Constituante » ?
La défaite de Napoléon III à Sedan ouvre une période d'incertitudes politiques qui voit une IIIe République proclamée à l'Hôtel de Ville de Paris, nouveau régime qui n'a pas encore trouvé sa légitimité quand éclate l'insurrection communarde. Après l'armistice signé fin janvier 1871 avec la Prusse, des élections générales doivent se tenir et décider du futur de la guerre (poursuite du conflit ou paix). Le 8 février, les résultats sont très favorables aux monarchistes qui se sont prononcés en faveur de la paix. Adolphe Thiers devient le premier président de la République. Mais la population de la capitale, qui a supporté 4 mois de siège, est ultra-républicaine et voit d'un mauvais oeil ce nouveau gouvernement royaliste qui siège à Bordeaux.
L'Ibérie avant la conquête romaine est un territoire morcelé, divisé en de multiples peuples (Vaccéens, Vettons, Turdetaniens, Cantabres,...) dont les deux principaux sont les Celtibères (au centre de la péninsule) et les Lusitaniens (au centre-ouest). Rome prend pied dans la péninsule lors de la seconde guerre punique (218-202 av. J.-C.), et, suite à sa victoire contre Carthage, commence à mener une politique impérialiste en conquérant une grande partie de l'Ibérie (Sud et Est). La péninsule est pourtant loin d'être domptée et il faudra attendre 133 pour que cessent les hostilités.
La culture populaire est la culture du peuple, lequel est traditionnellement opposé aux élites. Le clivage qui sépare ces deux cultures est néanmoins loin d'être imperméable : la monarchie tente d'harmoniser les cultures « régionales » tandis que les élites tendent à imposer leur manière d'être, caractérisée par la retenue, le contrôle des pulsions et la pudeur. Si le XVIIIe siècle est le siècle du mépris de cette culture populaire, paradoxalement celle-ci suscite l'intérêt à des fins d'apprivoisement, de contrôle des masses.
Lorsque des moines bénédictins s'installent au début du Xe siècle à Cluny, personne n'imagine que le lieu va devenir en deux siècles une place jouant un rôle de premier plan en Occident, tant dans les affaires spirituelles que temporelles. Cette ascension, due aux privilèges obtenus du pape, à la personnalité remarquable des premiers abbés et aussi à une situation géographique favorable, fait de l'abbaye un centre monastique sans équivalent. Entrant dans une phase de déclin à partir du XIIe siècle, malgré quelques sursauts, l'abbaye perdure jusqu'à la Révolution qui porte un coup mortel à ce centre monastique.
L'Inquisition est une juridiction créée par l'Église au XIIIe siècle pour contrer le développement des hérésies (Catharisme, Valdéisme). Peu d'institutions ont suscité autant de polémiques entre historiens. La légende noire de l'Inquisition médiévale rapporte des inquisiteurs fanatiques, enfermant les suspects enchaînés dans de sombres cachots, livrant au bûcher des milliers d'hérétiques, entravant la liberté de pensée et réprimant tout progrès d'ordre intellectuel. Ces clichés sont démentis par les faits historiques, et le nombre de victimes a depuis été revu largement à la baisse.

Le 21 mai 2001 a été promulguée la loi Taubira, reconnaissant la traite et l'esclavage en tant que crime contre l'humanité. L'article 1er affirme que « La République française reconnaît que la traite négrière transatlantique ainsi que la traite dans l'océan Indien d'une part, et l'esclavage d'autre part, perpétrés à partir du XVe siècle, aux Amériques et aux Caraïbes, dans l'océan Indien et en Europe contre les populations africaines, amérindiennes, malgaches et indiennes constituent un crime contre l'humanité ». La loi semble oublier que la traite des esclaves était pratiquée de tous temps et par tous les peuples. La traite ne commence pas au XVe siècle et la culpabilité ne repose pas uniquement sur les pays occidentaux ! En effet, il existe une autre traite majeure, bien moins souvent évoquée (pression du politiquement correct ?) : la traite négrière pratiquée par les musulmans, laquelle dura plus de mille ans (VIIe-XXe), précédant celle des Européens et lui survivant.
Avec la chute de l'Empire romain le statut de la femme en Occident se transforme considérablement. Au IVe siècle, Constantin, premier empereur chrétien, avait abrogé les lois d'Auguste sur le mariage, en octroyant aux femmes célibataires de 25 ans ou plus un contrôle illimité sur leurs biens et leurs personnes. A la fin de l'Empire, le Christianisme permet aux femmes de se considérer comme des personnes autonomes et non plus uniquement comme des filles, épouses, ou mères. Les femmes deviennent les plus sûrs soutiens de l'Eglise primitive, baptisant leurs enfants et convertissant leurs maris. De l'autre côté du limes (la frontière), la condition des femmes était bien différente. On distinguait ainsi trois types de mariage : le mariage par achat (Kaufehe), le mariage par rapt (Raubehe) et le mariage par consentement mutuel (Friedelehe). La femme adultère subissait la flagellation et l'enterrement vivant. La condition des femmes durant le haut Moyen Âge (Ve-Xe siècle) est une synthèse entre le droit romain et les coutumes barbares, la condition allant tout de même en s'améliorant au cours des siècles.
Dracula est le plus célèbre vampire de toute l'histoire littéraire et cinématographique. Un prince roumain, revenu de l'Enfer sous une apparence morbide pour sucer le sang des Hommes et destiné à errer pour l'éternité sur Terre. Ce mythe du mort-vivant, personnage épique par excellence (Dracula ayant en effet combattu les Turcs victorieusement à de très nombreuses reprises), a fait couler beaucoup d'encre.
En réalité, Dracula existe depuis bien plus longtemps qu'on ne le croit. Depuis le XVe siècle. Il se nommait Vlad III l'Empaleur. Mais l'immortalité n'a rien à voir là-dedans.
Peu de batailles suscitent autant l'intérêt que celle de Waterloo, qui marque la fin définitive de l'Empire napoléonien. Revenu en France après un court exil sur l'île d'Elbe, Napoléon réorganisa le régime politique de la France et adressa des offres de paix aux autres souverains européens. Mais ceux-ci ne purent visiblement pas supporter de voir le dangereux aigle impérial à nouveau sur le trône et organisèrent l'invasion de la France. Napoléon entra en Belgique pour donner ce qu'il souhaitait être un grand coup de bélier. Le sort des armes conduisit au désastre militaire, et sur le banc des accusés figure en premier chef, Grouchy.
Kurt Gödel constitue l'une des figures les plus marquantes de la logique mathématique au XXème siècle. Le théorème le plus célèbre de Gödel, le théorème d'incomplétude mathématique, constitue une rupture dans l'histoire des idées. Il n'est pas exagéré de dire qu'il est à la logique ce que le cogito cartésien est à la pensée: un principe par rapport auquel tout système doit prendre position.
Atlantide. Un seul mot, un nom propre, qui fait rêver et suscite bien des passions. Beaucoup d'auteurs se sont heurtés au mythe de cette terre.