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Transports et aménagement

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Modifié : 13/12/2009 à 16h00


Le secteur des transports est fondamental dans la vie de nos sociétés: hommes et marchandises se déplacent quotidiennement. Que les transports s'arrêtent, pour cause d'intempéries ou de grève, et la vie économique est paralysée ! Les distances parcourues quotidiennement par personne ne cessent ne s'accroître: 10 km par jour par français en 1960, 43 km par jour en 2005. Ce phénomène s'explique tant par la multiplication des activités (sport, loisirs,...) que par un processus d'étalement urbain qui entraîne des migrations pendulaires de plus en plus importantes.
Les moyens de transport, quels qu'ils soient (marche à pied, voiture, métro, train,...), participent, accompagnent, quelques fois anticipent les décompositions et recompositions de territoires, des distance-temps, des comportements et des pratiques sociologiques.


Transports et milieu géographique


Le relief


Les reliefs constituent souvent des obstacles infranchissables et ont toujours constitué une barrière aux échanges. Les deux principales solutions sont le tunnel et le contournement. Les espaces de montagnes obligent à construire des routes en lacet afin de réduire la pente par l'allongement de la distance. Le problème de la déclivité des pentes est encore plus important pour le rail (pas plus de 1,5 %). Des équipements spéciaux ont été mis au point pour permettre au chemin de fer de vaincre les pentes fortes: lignes à crémaillère (rail central muni de dents, jusqu'à 10 % de déclivité), tunnels, ponts. Les espaces d'eau (lacs, marais) sont aussi une entrave aux transports et nécessitent soit de construire des ponts (coût élevé), soit de drainer le terrain.

Le climat


Comparativement au relief, le climat influe plutôt sur l'utilisation des réseaux et non sur leurs tracés, à cause de ses variations périodiques. Ainsi les grands froids paralysent les voies fluviales mais aussi parfois les routes et voies ferroviaires. Les périodes de crue et d'étiage empêchent toute navigation fluviale. Dans les pays désertiques, les vents de sable peuvent noyer des infrastructures et équipements. Un fort brouillard empêche tout trafic routier, fluvial ou aérien. Cependant, le climat peut aussi avoir des impacts positifs: le réchauffement climatique ouvre de nouvelles voies maritimes au niveau des pôles.

L'environnement


Les enjeux environnementaux sont au coeur de polémiques de plus en plus fortes autour des transports. Les deux types de transport particulièrement décriés sont le routier et l'aérien. Dans le secteur automobile, si d'importants progrès ont été faits depuis 30 ans pour réduire les rejets de CO2 (baisse de plus du tiers des polluants), l'augmentation du parc automobile a conduit à une augmentation globale de la pollution. Aujourd'hui, les routes et parkings représentent 39 % des surfaces « artificialisées » en France. La démocratisation de la voiture durant les années 1960 et celle de l'avion durant les années 90 a mis à l'écart des moyens de transport moins polluants tels que le bus ou le rail.

La question énergétique devient aussi de plus en plus problématique. La raréfaction des énergies fossiles et, par conséquent, l'augmentation du prix des carburants pose un grave problème au transport routier. Les biocarburants, s'ils ont été vus comme une solution, commencent à être remis en question du fait de la concurrence qu'ils créent avec l'agriculture mais aussi parce que les végétaux cultivés produisent une certaine pollution.


Les impacts des réseaux de transports


La localisation des activités


Les activités industrielles ont toujours eu besoin de voies de communication pour l'approvisionnement en matières premières, pour l'acheminement de produits finis et l'accès à la main d'oeuvre. La révolution industrielle en Europe au XIXe siècle s'est accompagnée d'une révolution des transports avec une relation très étroite entre le rail et l'industrie. Ainsi, le train a d'abord fortement influencé la localisation des activités industrielles. Après la Seconde Guerre Mondiale, la situation a changé, l'industrie lourde se déplaçant vers les côtes pour bénéficier du transport maritime (« maritimisation de l'industrie »). Aujourd'hui, à l'échelle mondiale, c'est le transport maritime qui assure la circulation de la plus grande quantité de marchandises (plus de 50 %). De vastes pôles industriels ont pris naissance dans les zones portuaires (pétrochimie, industrie des plastiques, métallurgie : zones industrialo-portuaires).

En milieu urbain, les industries ont déserté le centre-ville pour la périphérie (exurbanisation) depuis plus d'un demi-siècle en raison de la difficulté d'accès pour l'approvisionnement et la distribution, les difficultés d'extension, le coût prohibitif du terrain et les nuisances auxquelles la population est de plus en plus sensible. Les parcs industriels sont généralement implantés à la périphérie des villes, à proximité d'un grand axe routier et parfois du rail ou d'une voie d'eau. L'avion, bien que moins important que les autres modes de transport, entre aussi en ligne de compte, en particulier pour les industries à haute valeur technologique. Les aéroports concentrent également des quartiers d'affaires concentrant des activités tertiaires (enseignement supérieur, hôtellerie, commerce,...).

L'implantation des lieux habités


La voie d'eau a longtemps été considérée comme le moyen de transport de première importance, expliquant la concentration des populations et activités près des fleuves. L'apparition du rail au XIXe siècle a permis le développement des lieux habités autour des grands axes ferroviaires et a accéléré l'exode rural des populations. Ces populations quittant la campagne se sont concentrées dans le centre-ville, près des lieux d'activités.
Jusqu'à la Seconde Guerre Mondiale, les populations sont restées concentrées dans le centre-ville en raison du développement insuffisant des moyens de transport. Depuis les années 1950, avec la démocratisation de la voiture, les villes se sont éclatées. L'automobile a permis de dissocier le lieu de travail du lieu de résidence, provoquant un phénomène d'étalement urbain. En effet, les voies rapides permettent d'atteindre le centre sans trop de difficultés. La voiture a été ainsi un accélérateur d'urbanisation.


Transports et aménagement


Le rôle des Etats


L'impact des transports dans une région justifie l'intérêt que portent les pouvoirs publics à l'aménagement des transports. L'Etat est d'abord responsable d'une liberté de circulation équitable pour l'ensemble de la population. Face à ce but, l'Etat poursuit plusieurs objectifs comme favoriser le déroulement des opérations de transport au bénéfice des usagers et des transporteurs, rééquilibrer les distorsions entre les territoires ou s'assurer du développement de l'ensemble des régions par le renforcement des infrastructures de transport.
L'Etat participe au niveau:

  • Des infrastructures (choix, mode de paiement,...).
  • Des véhicules (choix, puissance des moteurs, vitesse,...).
  • De la circulation (limitations de vitesse, taxes sur les carburants,...).
  • Des transporteurs (accès à la profession, licences,...).
  • Des usagers (tarifs, mesures de sécurité,...).

Aménagement, interconnexion, intermodalité, interopérabilité


Toute politique d'aménagement des transports doit se soucier du nombre de ruptures (correspondances) dans les chaînes de transport. Il s'agit de mettre en place des chaînes de déplacement les plus fiables possibles: plus les ruptures sont nombreuses, plus le risque d'aléas augmente. Les objectifs poursuivis sont ainsi:

  • Un minimum de ruptures.
  • La facilitation des échanges sur les points de rupture.
  • La réunion de plusieurs modes de transport sur les points de rupture.

La monomodalité ne propose qu'un seul mode de transport pour aller d'un point à un autre. La plurimodalité propose plusieurs modes de transport sur un point donné. La multimodalité (par exemple mer/fer/route ou bus/métro/tramway) permet le choix entre au moins 2 modes de transport pour aller d'un point à un autre.

Quelques fois, sur un même mode de transport, on peut rencontrer des points de rupture (par exemple les différences d'écartement des voies ferrées entre différents pays): l'interopérabilité désigne la flexibilité, la facilité pour passer d'un point à un autre par un même moyen de transport malgré les ruptures.



Les progrès spectaculaires survenus dans les transports depuis les années 1950 (augmentation de la vitesse et de la capacité des véhicules associée à une spécialisation de plus en plus poussé), les impacts importants créés par ces transports, tant sur les activités que sur les hommes, la hausse de la mobilité des personnes et de biens ont mis la politique des transports au coeur des politiques d'aménagement du territoire. Ces mutations ne sont pas cependant sans poser des problèmes tels que les coûts des infrastructures (alors que les Etats disposent de budgets réduits) ou les nuisances sur l'environnement.



Bibliographie :


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